Projet de diplôme de Valérie Tortolero
DNSEP obtenu en 2009 à l'Institut d'Arts Visuels d'Orléans avec les félicitations du jury (présidente du jury : Roxanne Joubert)

Mon projet est une tentative d'illustration de la fragilité du quotidien, à travers l'étude de la copie manuelle. L'objet final de ce travail est un livre, édité en 5 exemplaires uniques, le travail de la main les différenciant les uns des autres (gaufrage et reliure manuels). Mon processus de travail était de copier un dessin, puis d'en copier la copie, puis d'en copier la copie de la copie, etc, jusqu'à arriver à une variation très longue de ce même dessin. Le livre a pour titre Vol.1/1-56, car il regroupe les 56 copies dans le premier volume de ce qui peut être une série sans fin.

Le dessin en question représente un objet du monde quotidien : des stores, abstraits jusqu'à les transformer en blocs de ligne, la simplicité dévoilant avec encore plus de pertinence l'impossibilité pour la main d'effectuer une copie parfaite. Mon étude m'a portée vers les notions d'inquiétude, du geste manuel, et du livre d'artiste, comme publication d'un processus répétitif, comme réceptacle d'une idée, d'un concept de travail dans la durée. La lenteur et l'ascèse font partie intégrante de ce travail.

L'inquiétude originelle qui nous lie au monde est sans cesse enfouie par le réconfort que nous nous construisons à travers notre monde quotidien ; une fois ce masque tombé (à la suite d'un évènement traumatique par exemple), nous retrouvons notre vertige face au monde, et nous mesurons la fragilité de cette écorce. La variation que j'ai établie peut être une sorte d'illustration de cette vacuité : les choses peuvent être mouvantes, le stable n'est sans doute pas si stable, ce que nous construisons est fragile.

Mémoire disponible ici